PHILIPPE MALARME
Ingénieur chimiste de formation, j'ai rapidement abandonné la chimie, trop explosive à mon goût, pour l'informatique, qui me semblait plus inoffensive et surtout plus prédictible. Grave erreur, puisque tout système complexe, produit cartésien de millions d'instructions élémentaires, finit par mener une vie propre, riche et imprévisible. Depuis, avec mes collègues d'IT, je mène ce combat inégal, chaque jour recommencé, contre la complexité croissante de nos systèmes informatiques.
Heureusement, des techniques existent pour maîtriser cette complexité: méthode, structure, encapsulation, inspiration et transpiration. Et chaque année, de jeunes informaticiens nous rejoignent dans cette quête, pour construire les systèmes de demain, toujours plus puissants et plus fiables.

Pour les impatients et les curieux, sachez que l'intégralité de mon blog est déjà publiée, cachée dans l'infinie série des décimales de pi.

Livre de chevet : "Gödel, Escher, Bach: An Eternal Golden Braid " de Douglas Hofstadter.
Film favori : "Pi" de Darren Aronofsky.
Disque favori : "The Sophtware Slump" de Grandaddy.

Pourquoi vous ne retrouvez jamais vos clés
​Vous êtes en retard et impossible de retrouver vos clés. Dix fois déjà, vous avez regardé sur et sous la table, fouillé vos poches, soupçonné le chien de les avoir cachées. Et soudain les voilà, bien en vue parmi les magazines sur la table du salon. Pourquoi diable ne les avez-vous pas vues lors de vos recherches précédentes ? 
 
C’est que notre cerveau est conçu pour traiter l’information au plus vite lors des situations d’urgence. Seuls dix pourcents des signaux captés par nos yeux sont transmis au cerveau. Et ce dernier reconstitue, sur base de cette information très fragmentaire, une image plausible du monde qui nous entoure, en la complétant avec de l’information déjà stockée dans sa mémoire. C’est pour cela que les détails nous échappent, sauf si nous nous concentrons sur eux.
 
Du point de vue de l’évolution de l’espèce, on comprend l’avantage de ce mode de fonctionnement du cerveau. A puissance de calcul égale, permettre des réactions rapides face à un prédateur est plus efficace que de passer du temps à analyser cent pourcents des signaux reçus par nos sens. Mais lorsque chaque détail compte, que ce soit pour un pilote d’avion, un informaticien ou un comptable, notre cerveau peut nous tromper. Et il devient indispensable de développer des techniques pour éviter des erreurs aux conséquences graves. Les pilotes d’avion s’en tiennent à des check-lists, systématiquement déroulées, sur base d’un entraînement rigoureux. Les comptables ont développé la comptabilité en partie double et des contrôles par balance carrée.
 
Et les informaticiens ?  A leur corps défendant, car la programmation reste un art solitaire, ils se mettent, tout doucement, aux peer reviews, à la programmation par paire et à d’autres techniques à quatre yeux. Car trouver une erreur dans un listing de plusieurs milliers de lignes, sous l’œil inquiet du boss et avec des utilisateurs affolés au téléphone, est presque aussi difficile que de retrouver ses clés un lundi matin. Chez AG Insurance, nous gérons des centaines de serveurs, des milliers de PC, des millions de lignes de code. En cas problème, seul un travail d’équipe, où chacun aide l’autre par ses connaissances ou par ses questions, permet d’arriver à la solution.
 
Là-dessus, il est temps de rentrer à la maison. Mais où diable ai-je mis mes clés ?
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